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Les associations alimentaires compatibles – Tome 2

224 pages
18,00 €

Extrait :

I. Les régimes alimentaires

1. Historique de l’alimentation hétérogène

Nous avons précédemment exposé notre opinion sur la qualité des aliments qui nous sont nécessaires. Puis nous avons proposé les proportions dans lesquelles ces aliments devaient être ingérés pour satisfaire nos besoins nutritifs.
Compte tenu de nos réserves, les régimes alimentaires que nous adoptons agissent lentement sur notre état sanitaire. Nous devons tenir compte de ce fait pour estimer l’action d’un régime sur notre santé.
Par ailleurs, notre alimentation dépend des habitudes sociales des groupes dans lesquels nous vivons. Nous devons procéder à leur estimation quand nous pensons notamment à la modification de nos habitudes alimentaires.
Les opinions concernant les régimes alimentaires ont varié suivant les époques et les ethnies. Initialement, les régimes alimentaires ont été élaborés en observant les réactions immédiates des sujets à la prise d’aliments. Puis survinrent les idées théoriques. La possibilité de connaître la valeur calorique des aliments induisit la théorie des substitutions isodynamiques de Rübner (1885).
On considéra alors que les aliments étaient interchangeables dans la ration alimentaire si leur combustion théorique développait une puissance énergétique identique. C’était l’époque où les ouvrages, ainsi que les menus de certains restaurants, indiquaient la valeur calorique de chaque plat. Cela aboutit à une consommation abusive d’aliments concentrés. L’homme rêve alors de résoudre le problème de la faim en fabriquant des comprimés nutritifs. On « nageait » dans le domaine scientifique le plus artificiel, ce qui n’allait pas sans danger pour la santé.
Mais bientôt, cette vogue pour les aliments énergétiques qui prônait les aliments concentrés, purifiés, hyper-nourrissants, acides, dont la fraîcheur n’importait pas, fut supplantée par la tendance naturiste qui recherche les aliments entiers et préparés plus naturellement (alimentation crue notamment).
De façon concomitante, cette tendance vers une alimentation plus naturelle fut confortée par des découvertes scientifiques, telle que celle de BUNGE, qui montrait que les substances minérales étaient mieux utilisables sous une forme organique, existant naturellement dans les fruits et légumes entiers crus. Puis ce fut la découverte du rôle primordial de ces catalyseurs que sont les corps « accessoires » que FUNK, au début du 20e siècle, appela vitamines. Ces découvertes contribuaient grandement au recul de la théorie de l’isodynamie, rapprochant quelque peu les scientistes et les naturistes.
Au fur et à mesure que ce 20e siècle se déroulait, furent alors découvertes des différences fondamentales, tant dans la nature que dans le rôle des divers aliments. On définit alors les équilibres énergétique, constructif et beaucoup plus tard fonctionnel de l’organisme. Nous les avons exposés précédemment. Ces conceptions, notamment sous l’influence de Mme L. RANDOIN, introduisaient les concepts d’équilibres alimentaires à respecter.
Cette notion déboucha sur l’exigence des repas à rations équilibrées et complètes en apport de nutriments. Ce sont de tels repas qui ont été qualifiés d’hétérogènes parce qu’ils comportaient des aliments différents dont la seule raison d’être assemblés est qu’ils formaient réunis, un ensemble mathématiquement complet en nutriments indispensables.
Mathématiquement disons-nous, mais non pas physiologiquement, car ces calculs de complémentarités nutritionnelles ne tiennent aucun compte des lois biologiques concernant la digestion des aliments.
Cependant le choix de « mathématiser » la ration alimentaire provoqua des réserves chez d’autres nutritionnistes. L. MEUNIER exposa que les animaux à l’état naturel, adoptait une alimentation monotone, adaptée à leurs caractéristiques de carnivores, herbivores, insectivores, etc., et y trouvaient cependant leur équilibre alimentaire.
Chez l’homme fruito-végétarien, serait-il nécessaire de procéder autrement ? Est-ce le fait de cuire ses aliments qui induirait cette rupture de l’équilibre alimentaire l’obligeant alors, avec sa nourriture artificielle, à calculer ses rations alimentaires pour maintenir une santé altérée .
Et ces nutritionnistes faisaient remarquer que ceux qui conservaient des régimes alimentaires simplifiés, parfois naturellement homogènes – c’est-à-dire satisfaisant aux règles physiologiques de la digestion des aliments – étaient rarement malades.
Citons le Docteur Paul Chêne qui écrit : « au Tibet, le fait est connu : on ne signale pas d’ulcère gastrique. Chez les néo-calédoniens, les chinois nourris de riz, de sorgho ou de mil, comme chez les paysans roumains vivant de « racines » au sens classique, l’appendicite est tout à fait exceptionnelle ».
Les tenants des régimes homogènes firent remarquer que les réserves de l’organisme peuvent être utilisées d’un jour sur l’autre pour fournir les nutriments qu’un régime, par opportunité ou nécessité, n’a pu apporter chaque jour.
L’existence de ces disponibilités – parfois importantes à l’âge mûr et particulièrement chez les sédentaires – est source d’encrassement permanent de l’organisme et un rythme alimentaire irrégulier mettrait en activité des fonctions de survie qui sont réduites par la pratique des régimes hétérogènes.
Quoi qu’il en soit, nous devons remarquer que malgré les réflexions de certains nutritionnistes, les régimes hétérogènes sont les plus répandus. L’utilisation de ces régimes hétérogènes fut favorisée par le fait que la pratique de cette hétérogénéité alimentaire était déjà bien implantée, avant que ne surviennent les assertions scientifiques qui les proposèrent comme satisfaisantes au public.
Les propositions scientifiques tendent à réduire et à modifier les apports d’aliments dans les repas. De sorte que l’excès alimentaire provient plus de la pratique individuelle que des recommandations de la diététique prônant l’alimentation hétérogène.

II. Les régimes homogènes

1. Les fondements des régimes homogènes

a. Les compatibilités alimentaires
L’utilisation des régimes homogènes est fondée sur les principes des compatibilités alimentaires que nous avons précédemment exposés. Les ignorer pour conforter une pratique alimentaire hétérogène ne saurait aller sans nuire à la santé.
A l’état naturel la plupart des animaux ont une alimentation monotone et ils se portent bien. Nous ne devrions pas échapper à cette règle générale. En effet, les réserves de notre organisme permettent sur plusieurs jours, de rééquilibrer les différentes harmonies qui doivent exister entre nos nutriments.
Se gaver constamment finit par détruire ce pouvoir de rééquilibration, inhérent à tout animal livré aux variations des apports alimentaires. Le fait de disposer constamment d’une alimentation abondante ne devrait pas nous faire perdre de vue que cette faculté de réguler les apports et les utilisations de nutriments ne devrait pas seulement jouer dans les conditions particulières de survie, mais devrait exister d’une façon constante pour nous faire bénéficier d’une fonction vitale que nous serions sage de bien conserver.
b. La simplification alimentaire
Les régimes homogènes, outre leur capacité de favoriser la digestion des aliments, procurent une simplification alimentaire évidente.
Le fait de ne pas mélanger tous les aliments dans le même repas nous induit vers des repas moins copieux. Encore faut-il que certaines règles élémentaires soient respectées.
- manger avec modération
L’adage populaire qui déclare que « l’homme creuse sa tombe avec ses dents » n’est pas dénué d’intérêt. La suralimentation conduit souvent aux troubles de santé. Il faut apprendre à manger avec modération en adoptant ce dicton : « il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ».
Il est préférable de sortir de table avec une légère faim, plutôt que d’être empli à satiété. Les repas homogènes aident à simplifier les menus en réduisant la variété des aliments ingérés.
- manger lentement
Il faut manger dans la tranquillité. Une trop grande variété d’aliments au même repas crée parfois une excitation préjudiciable à son déroulement. Les repas homogènes favorisent l’étalement de la prise de nourriture. Ils permettent une meilleure prise de conscience des phénomènes digestifs.
- manger à intervalles espacés
Il faut faire alterner les temps de digestion avec des temps de repos accordés à l’appareil digestif. Ceci est d’autant plus évident que les aliments ingérés requièrent une digestion prolongée : ce qui est le cas pour les céréales et les matières grasses notamment ; lorsqu’il s’agit de la prise de fruits, les repas peuvent être rapprochés.
Les repas homogènes, en diminuant les temps de digestion, augmentent les temps de repos du système digestif : ce qui favorise la récupération énergétique et l’élimination des toxines.
Il faut cependant éviter de manger trop tard dans la soirée, car cela risque de perturber le sommeil.

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